15.12.2008
What We Talk About (When We Talk About Love)
Les chroniques de Perle
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Pour Tinker Bell.
Tissia & Vittorio, au grand Musée de Perle.
- Alors comme ça vous êtes amoureux, Vittorio ?
- Mais non !
- Mais si !
- Mais non je n'ai jamais dit ça !
- Oh… allez, ne racontez pas n'importe quoi, on se connaît assez, je sais comment ça se passe avec vous, vous répondez à côté de toutes les questions quand vous pensez à quelqu'un… Vous n'êtes pas là depuis tout à l'heure.
- Mais vous aussi vous répondez souvent à côté !
- Oui mais moi je le fais exprès, c'est une technique ! Et puis c'est moi qui pose toujours les questions avec vous en plus donc votre exemple est idiot.
- Bon vous avez réponse à tout.
- Mais non.
- Mais si !
- (petit silence) Donc vous êtes amoureux ?
- Mais non !
- On ne vas pas continuer comme ça ? À faire "mais non mais si" pendant des heures… Et ne dîtes pas "mais non", dîtes "non", ça suffira. Le mot "mais" suggère que vous émettez vous-mêmes des réserves quand à vos propres perceptions de la chose.
- Je n'ai que ça, des réserves. Je suis réservé, je suis intimidé, je suis…
- Amoureux ?
- Non.
- Bon expliquez-moi alors ? Vous avez l'air bizarre. Détendez-vous ? Vous n'avez pas le choléra quand même, il faut relativiser, c'est pas la peine de tout prendre comme si c'était la fin du monde non plus, oh !
- L'inamoramento vous connaissez ?
- Non mais vous vous fichez de moi là ? C'est un mot que j'ai rapporté d'Italie. De Vérone plus exactement. Si je sais ce que sais ? Bien sûr… J'ai trouvé que c'était charmant. Vous vous sentez attaqué dans votre raison en ce moment ?
- Voilà, je pense que je n'ai pas toute ma raison, c'est ça. Elle est menacée ou plutôt elle est paralysée. Ce n'est plus la raison qui surgit la première même quand je l'implore.
- Alors qu'est-ce ? Les besoins ? Sont-ce vos rêves ? Vous savez… ça ressemble à un autre état : celui que l'on a quand on a un gros souci. En fait on ne fait que d'y penser et puis on n'a pas la tête à autre chose alors on lutte. Et donc on ne pense qu'à ça. Et plus on y pense moins on trouve de solution parce qu'on manque de recul.
- Oui je pense que l'exemple est bon. On est préoccupé, on ressent une gène.
- La raison devrait vous dire que si vous n'avez pas de souci vous ne devriez pas avoir de gène.
- Oui mais la raison, en ce moment, elle s'éclipse un peu.
- Vous aimeriez être totalement raisonnable ?
- Parfois je me dis que ce serait plus simple.
- Et ce serait parfaitement ennuyeux. Bon, vous avez un souci matériel ?
- Nullement.
- Donc vous pensez à quelqu'un ?
- Oui.
- C'est bien on avance, dix minutes pour me dire ça, vous êtes en forme aujourd'hui !
- Oui alors voilà, j'y pense et puis ça disparaît alors j'ai des activités comme avant…
- Comme avant ?
- Oui.
- Avant quoi ?
- Alors là si je le savais ! Non mais c'est ça… Un jour on se lève et tout a changé.
- Oui, moi je me dis ça quand j'ai fait la fête dans ma chambre, les meubles ont bougé, la garde-robe est dévastée… enfin bref, c'est la désorganisation mais en même temps ce n'est pas nouveau, tous mes habits sont là…
- Vous devenez triviale.
- Oui, mais bon ça fait du bien un peu de trivialité de temps en temps, il ne faut pas tout prendre au sérieux ou au pied de la lettre. D'ailleurs on dit au pied de la lettre mais je me demande bien comment une lettre peut avoir un pied, donc vous voyez on parle de choses raisonnables déraisonnablement et on arrive à se comprendre quand même. Il y a une logique à la déraison. Il y a une logique et surtout des causes. La chambre dérangée c'est pour vous dire que vous ne perdez rien de vos affaires, elles sont là et le désordre parfois ça permet de ranger de façon plus intelligente.
- Alors j'ai fait le point…
- Non non vous ne devriez pas dire ça, être dans l'inamoramento c'est être à la fois dans le vague et la vague, dans les embruns, dans l'agitation et en même temps dans une espèce de quiétude qui vous saisit et qui vous effraie : être heureux à partir de rien, des mots de l'autre, de l'idée qu'il est là, de vos échanges, de l'attention qu'on vous porte et que vous n'avez pas demandé. Et vous savez c'est rare qu'on s'intéresse vraiment à quelqu'un. En général on ne s'attarde pas. On grappille. Moi je grappille et je suis toute seule. Si je m'arrête sur quelqu'un sans grappiller j'ai l'impression d'exister pour quelque chose, ça oui ! Je vais être triviale trésor mais l'inamoramento c'est de savoir que le vin est tiré mais se demander si on aime le vin, s'il faut le boire, si on doit se servir un petit verre ou un grand, si il ne faut pas aller acheter des petits rillons pour grignoter un bout en chemin. Moi je vais vous dire, l'inamoramento c'est comme de passer dans un tunnel sans savoir ce qu'il y a au bout. Et alors ?
- Et alors quoi ? Vous me perturbez avec votre charcuterie tourangelle.
- Non mais c'est pour dire que c'est pas un état où il y a quoi que ce soit à statuer, à dire, à décider, à extrapoler… Le plus important c'est pas la destination, c'est le voyage ! À moins d'être un représentant de commerce pressé de rentrer chez lui. Et puis excusez-moi hein mais si vous savez où vous amène l'amour, ça n'a rien d'exaltant, l'amour c'est une question permanente sur notre capacité d'aimer autrui. Et je sais de quoi je parle, je n'aime véritablement personne.
- (médusé) Alors ça c'est la meilleure, depuis tout à l'heure je vous répond non à la question de savoir si je suis amoureux et vous me dîtes que je ne devrais pas être aussi affirmatif à vous répondre non ?
- Oui… Oui et non. Oui vous ne pouvez pas dire que vous êtes amoureux. Et non vous ne pouvez pas dire que vous ne l'êtes pas. C'est ça que j'essaie de vous dire avec mes exemples. C'est pas la mort de ne pas savoir, c'est même très bien, ça veut dire que vos certitudes n'ont servi à rien. C'est vivant le chaos. Même un peu trop parfois… (soupire)
- Que dois-je vous répondre alors ?
- (lève les yeux au ciel) Vous faîtes comme moi, vous faîtes tomber un truc par terre en faisant "oh !" ou vous me dîtes "regardez là-bas j'ai vu passer un chevreuil" et vous changez de sujet. (petit silence puis petite moue) Bon avec moi ça ne marchera pas, mais vous pourriez au moins faire l'effort !
Bat For Lashes - What A Girl To Do
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Romeo Delight
Les chroniques de Perle
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Pour Tinker Bell.
Tissia & Vittorio, sur un ponceau du petit canal de Perle, regardant l'eau passer.
- Vous savez ce qu'est l'inamoramento Vittorio ?
- Non, dîtes-moi Tissia.
- C'est l'amour naissant !
- L'amour naissant…
- (excitée) Oui, une étincelle qui illumine votre quotidien, un bonheur mêlé d'anxiété… Oh… Vous savez, quand vous rencontrez quelqu'un et que vous pensez à lui mais vous ne savez pas s'il pense à vous et quand il vous dit qu'il pense à vous alors là vous vous dîtes : c'est génial ! Mais en même temps, le lendemain, vous ne savez pas, vous n'êtes sûr de rien… Et ça recommence. À chaque " preuve - indice - attention " vous doutez de votre perception.
- Hmmm… ça m'a l'air bien compliqué tout ça.
- Non, avouez ! Vous avez déjà été amoureux quand même ?
- Oui… et je pense avoir connu l'inamom…
- L'inamoramento… Hey dîtes ! C'est vous qui avez un prénom italien.
- Oui mais il est compliqué ce mot.
- Il est compliqué trésor parce que le sentiment est compliqué aussi. On bredouille pour prononcer ce mot comme on avance à tâtons dans ses propres sentiments vous comprenez ? C'est ça le concept.
- On pourrait comparer ça à l'action de s'énamourer.
- (se trémoussant) Mais oui ! Absolument ! Tout à fait !
- Se prendre d'amour pour quelqu'un.
- Oui voilà ! Se prendre d'amour, ce qui n'est pas pareil qu'être pris d'amour, ça ne tombe pas comme ça, c'est pas hop l'amour me tombe dessus comme la misère sur le bas clergé, hein ! C'est juste qu'on se sent des prédispositions à aimer et qu'en en ayant conscience on se sent dans une possibilité entre deux états : amour/pas amour. C'est progressif et lent et en même temps c'est assez érotique. C'est un peu comme… comme… comme… regardez cette ombre là-bas.
- Celle du pot de fleur ?
- Oui, observez, la lumière est couchante là alors l'ombre est nette près du pot, mais en périphérie elle devient trouble, on ne sait pas si c'est vraiment une ombre ou si nos yeux nous abusent. C'est ça l'inamoramento. C'est du "on sait pas" , ça fiche la frousse parce qu'on a toujours envie de savoir. Autant dire que l'inamoramento est à l'amour ce que la mélancolie est à la tristesse : un avant-goût. Et c'est érotique parce que c'est un effleurement.
- C'est comme un rêve agréable quoi…
- (faisant une petite moue) Non, rien à voir, Vittorio vous le faîtes exprès ou quoi ? Non, un rêve agréable quand on se réveille on sait que c'était une illusion même si on a passé 20 minutes entre le rêve et l'état de veille : on sait ! L'inamoramento on ne sait pas tudieu ! ON NE SAIT PAS !
- C'est un peu comme si notre raison se brouillait…
- Oui, c'est un imprévu. Et ça va parfois jusqu'à l'émerveillement ! C'est bon !
- Enfin c'est bon c'est bon… si on apprécie les états abstraits de l'âme. Il y a des gens qui ne doivent pas aimer l'incertitude quand même.
- Oui mais bon, dîtes-moi vous savez, vous, quand vous aimez une peinture pourquoi vous l'aimez ? Vous pouvez être sûr de ce que vous aimez et pourquoi ? Vous ne pensez pas qu'il y a parfois des instants magiques qui font que vous vous éblouissez d'un sourire, d'une voix, d'un instant, de la sensation de bien-être. Vous êtes dans une intime émotion. Et si vous voulez savoir par quel habile stratagème de la nature vous êtes comme ça, c'est parce que vous ne voulez pas perdre ça et même : vous avez le désir secret d'en comprendre les ressorts pour garder cette sensation. Et pourquoi pas : la revivre.
- Oui c'est vrai, j'aimerais m'émerveiller de tout mais parfois les choses ne suffisent pas, leur propre nature ne provoque pas toujours cet émerveillement.
- C'est parce qu'il y a une vraie correspondance intime entre vous et ce qui vous touche et parfois vous êtes sensible à ça et parfois non. L'inamoramento c'est un flottement, ça veut dire que vous êtes ouvert et disposé à vous laisser tenter.
- Autant dire que c'est fragile.
- C'est très fragile.
- Donc c'est éphémère.
- Pas forcément, cela dépend de la nature des êtres. De leurs aspirations. Si vous êtes très matérialiste cela va vous rendre la vie impossible, ce n'est pas concret donc ce n'est pas raisonnable et donc vous désirerez que ça cesse…
- … tandis que chez les rêveurs c'est une source d'énergie et d'inspiration.
- Exa-cte-ment !
- Et pourquoi me parlez-vous de tout ça ?
- Parce que je savais que vous comprendriez.
- Oui, bien sûr, non mais je parle de vos intentions là pas de mes capacités à comprendre de quoi on parle.
- J'ai bien compris mais je trouve que vous posez parfois beaucoup trop de questions.
- Ah bon ?
- Oui, faîtes attention, un jour vous pourriez tomber sur une réponse.
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Rest my chemistry
Les chroniques de Perle
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Pour Tinker Bell.
Luna & Vittorio, assis sur l'herbe.
- Vittorio, il faut que je vous dise quelque chose !
- Quoi donc Luna ?
- Je crois que je suis amoureuse de vous.
- (embarrassé) Je ne voudrais pas que vous le preniez mal mais croire n'est pas savoir…
- (sursautant) Oh ! C'est tout ce que ça vous fait ? Non croire n'est pas savoir… mais comment êtes vraiment sûre ?
- Je ne sais pas… par exemple, accepteriez-vous une demande de mariage de ma part ?
- Non, absolument pas.
- Ah ! Vous voyez !
- Mais ça ne veut rien dire, je peux tout simplement n'avoir pas foi dans le mariage.
- Certes.
- Quand on aime est-on obligé de s'attacher ?
- En général on se sent attaché à l'autre oui alors le mariage est un lien physiquement matérialisé je suppose…
- On s'en moque ! Non mais vraiment, a-t'on besoin de ça ? De le prouver ? Physiquement.
- Moi je crois que… un peu quand même… quoique d'après Sophia l'amour est un détachement.
- Ah oui… elle… je la déteste.
- Oh… vous voyez que vous avez aussi des sentiments précis aujourd'hui.
- Vraiment ? Je crois que vous n'avez rien vu. Non mais parce que là j'ai l'impression de devoir expliquer pourquoi je crois que je vous aime et c'est un tout petit peu odieux quand même. (petit silence) Et vous m'aimez-vous ? C'est quand même ça aussi : la peur que ce soit à sens unique.
- (gêné) … Mais… Luna, j'étais sorti pour me promener avec vous, je ne pensais pas que…
- Alors ça, ça veut dire non.
- Mais non !
- Mais si ! Oh mais allez-y j'ai bien compris hein… ce n'est pas grave.
- Si vous m'aimiez ce serait très grave pour vous ! Donc ne dîtes pas que ce n'est pas grave.
- Oui, c'est vrai… mais je n'en suis pas là. J'en suis à… enfin je ressens des sortes de sentiments étranges à votre encontre…
- L'inamoramento !
- Pardon ?
- L'inamoramento. L'amour naissant ! C'est le moment où l'amour se révèle. On ne sait pas, on doute beaucoup, on est un peu chaviré…
- Oui là je suis un peu chavirée, un peu chavirée de discuter. C'est pénible.
- J'ai eu cette discussion avec Tissia, c'est elle qui m'a parlé de l'inamoramento.
- Cette garce ? Qu'est-ce qu'elle y connaît au véritable amour ? C'est un terme technique pour elle, ça veut dire : vas-y, fonce sur ta cible, tu peux en faire n'importe quoi.
- J'ai eu cette impression…
- Elle a foncé sur vous ?
- Non non, personne ne fonce sur moi vous savez bien.
- Sauf moi.
- Oui et encore, vous n'avez foncé que deux secondes.
- Vous ne me prenez pas au sérieux ?
- Je prend l'amour au sérieux, ce n'est pas la même chose.
- Ah oui ? Alors vous pensez que j'invente ?
- Non, je pense que vous ne savez pas vraiment. Le truc c'est que si je vous disais que moi aussi je "crois" être amoureux de vous on pourrait s'élancer vers l'inconnu et se faire mal. J'essaie de nous prémunir. Parce que si il arrivait que nous tombassions amoureux ce serait merveilleux d'en être certains.
- Vous pensez qu'on en parle pour quoi ? Vous pensez que j'ai lancé ce sujet au hasard ?
- Non, bien sûr, c'était bien tenté. En même temps si on en parle autant c'est que nous ne sommes pas sûrs.
- Oui mais alors voilà, Sophia a dit aussi, j'étais là hein, moi aussi je peux me référer à ce qu'elle dit si ça m'arrange : "en amour, toute histoire est importante."
- C'était peut-être pas sa meilleure réplique.
- Alors là bravo, ça vous arrange bien en fait, vous êtes comme moi, vous ne savez pas. On se trouve dans une zone obscure là, on n'avance pas d'un pouce. Je n'en peux plus de ne pas savoir… Je préférerais un peu d'action, tiens !
- Et si je vous prenais dans mes bras…
- Ce serait très gênant, nous sommes dans un lieu public, on pourrait nous voir.
- Ah vous voyez ! Vous n'êtes pas prête !
- Ce n'est pas la question d'être prête, zut quoi ! ON N'EST JAMAIS PRÊT EN AMOUR et ça j'ai pas besoin de Tissia ou de Sophia pour le comprendre !
- Enfin ce serait mieux que je me jette sur vous sans vous demander votre avis.
- (soupirant) Oui. En fait ce serait mieux si on ne pensait pas, si on ne parlait pas, si on n'avait aucun avis. Sans tout ça on saurait peut-être au lieu d'y croire.
- Adam et Ève quoi.
- Voilà… tiens d'ailleurs, j'ai une pomme dans mon sac, vous la voulez ?
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"L'amour c'est un jour de pluie qui désire beaucoup de soleil."
VVK - 06/09
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14.12.2008
Falling down
Les chroniques de Perle
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Sophia et Vittorio, sur les bords de Seine, île Saint Louis, une heure du matin.
- Comment allez-vous en juin Vittorio ?
- Je vais bien, j'essaie de m'approcher des flammes sans me brûler.
- Vous savez pourtant comment ça finit…
- Mal, ça se termine toujours mal et parfois ça ne commence même jamais.
- Pour ma part j'ai toujours pensé qu'il devait être préférable de monter plutôt que de tomber amoureuse.
- Mais quand on est amoureux on monte toujours assez haut pour avoir peur de tomber.
- Ah ! La peur, cette fameuse peur ! Vous avez peur vous ?
- Non, je m'en fiche de la peur, elle n'évite pas le danger mais j'ai découvert dernièrement qu'elle n'évitait pas les souffrances non plus. Voilà pour la nouveauté.
- C'est bien, vous progressez toujours, vous n'avez plus peur de vous brûler déjà.
- Non, je n'ai plus peur, ni des flammes, ni de me brûler, ni de rien.
- (se penchant au-dessus du parapet et regardant l'eau) Oui ! Oui c'est ça ! C'est bien de ne plus avoir peur, mais cela ne veut-il pas dire qu'à un moment vous ne sentirez plus rien, plus rien du tout et que vous serez comme une terre où plus rien ne pousse ?
- Je ne sais pas Sophia, je ne pensais pas que c'était si difficile d'aimer.
- Aimer vraiment ? C'est le plus difficile. Vous aimez vous, vous ?
- Oui.
- Très bien, vous avez l'esprit tranquille et le cœur disponible, vous n'avez pas besoin de chercher ça chez quelqu'un d'autre alors, c'est une bonne base.
- Je suppose que je suis à peu près comme tout le monde.
- Oui ! Oui mais voilà Vittorio on ne croit plus en rien, on ne croit plus en rien… On ne croit plus en l'amour, on fait des comptes communs, On ne croit plus en la vie, on s'assure pour un rien. On ne croit plus en l'instinct, on passe dix ans chez le médecin et on ne sait plus regarder une fleur s'ouvrir sous la rosée, on a besoin de savoir le fond de notre propre pensée quitte à arrêter de vivre. On ne sait plus rien que de s'assurer, se rassurer, se protéger et ce n'est pas pour ça qu'on ne souffre pas, on souffre d'autant plus qu'on n'est plus soi-même à force de vivre sous terre. Et parfois on s'écrie : Oh ! La belle lumière ! La belle lumière ! Elle est pour moi. Alors on sort de son abri, on tend la main et il arrive qu'on se brûle. Oh ! Pourquoi suis-je sortie de mon trou ? J'étais si bien en dessous, là-bas, où personne ne me voyait, pourquoi suis-je sortie pour me brûler ?
- Oui, c'est un peu ça la question : pourquoi ?
- Dès que vous posez cette question, vous êtes dans l'erreur Vittorio et je vous l'avait déjà dit.
- Je sais bien.
- Il n'y a pas d'explication à l'amour même s'il y en a pour la peur, pour le doute, pour la souffrance. L'amour est gratuit, c'est un tout, une énergie, vous vous connectez à elle et si vous n'êtes pas assez pur vous souffrez, vous souffrez de détruire tout ce que vous touchez. C'est comme le feu, c'est le seul élément qui peut se diviser sans s'amoindrir, à l'infini. si vous devenez le feu alors ne pensez pas à vous éteindre mais allez vous noyer dans un autre feu, ainsi vous continuerez de vivre en l'autre, à égale chaleur. Ne vous amoindrissez jamais, vous diminueriez tout ce que vous pourriez donner à l'autre.
- Tout ça me fatigue parfois vous savez Sophia, je me demande si ce n'est pas mieux d'être seul.
- Ce serait égoïste. Ce n'est pas vous. Quel intérêt ?
- La paix.
- Vous y arriverez bien assez vite à la paix, profitez des joies de l'existence croyez-moi. Cela vaut mieux. Nous sommes là pour ça, pour aimer. L'abdication est pire que la peur. Il y a pire que la peur ou la souffrance : n'être personne, être commun, ordinaire… et pourtant, moi aussi je pense ça parfois, je me dit : ce serait si simple de faire comme tout le monde et de ne pas chercher à me griser, de me mettre avec n'importe qui et d'attendre que ça passe. Mais je ne m'appartiendrai plus. Gardez ces mots en tête mon ami : posséder et appartenir. Appartenez à quelqu'un qui connaît votre valeur et cessez de vouloir posséder quoi que ce soit, nous ne faisons que passer, rien n'est à nous, jamais. Juste ce que nous échangeons d'émotions, de sentiments. C'est ça la beauté, c'est accepter l'éphémère. S'en contenter.
Alors si on souffre parfois il faut se dire que c'est aussi un moyen de se rappeler la valeur de la vie. Et ce que tout le monde cherche c'est un amour qui ne fasse pas souffrir, autant dire une aiguille dans une botte de foin. L'amour c'est toujours souffrir, il faut juste apprendre à souffrir un peu pour pouvoir s'émerveiller beaucoup. Et vous, vous êtes un rêveur Vittorio, alors vous allez souffrir beaucoup mais en même temps vous verrez des choses que bien peu verrons. Qu'en pensez-vous ?
- Que je n'ai pas le choix, on ne contrarie pas sa propre nature après tout.
- Oui. Donc, cette discussion était inutile.
- Sans doute…
- Si si, elle était inutile. Mais elle a juste permit de nous asseoir et de contempler la Seine, les lumières de la nuit, de sentir le vent sur notre peau. Elle a juste permit d'avoir quelque chose à nous dire. Rien n'est important à part l'espoir, l'amour et savoir qu'on existe.
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12.12.2008
Vices
[Petit bonus, avant la publication du chapitre 7]
Les chroniques de Perle
Vittorio, à la terrasse d'un café. Tissia arrive inopinément.
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- Je peux m'asseoir ?
- Vous ! Ici !
- Bah oui, moi et ici aussi sinon vous ne me verriez pas… Restons logiques quand même.
- Je croyais que nous étions fâchés.
- Oh… bah… oui on n'a qu'à redevenir fâchés après si vous voulez. On fait une petite trêve, ça mange pas de pain quoi. Allez ! Aujourd'hui c'est mon anniversaire, je peux venir causer avec vous un peu, ça fait comme un petit cadeau en plus.
- …
- Bien.
- Par contre, c'est étrange parce que j'ai rêvé de vous l'autre nuit.
- Ah oui ? (glousse) C'était comment ? Je peux savoir ? On faisait quoi ?
- Vous me regardiez. C'est étrange parce que je rêve de vous et vous voilà !
- En même temps ça ne fait que 3 mois qu'on ne s'est pas vus.
- Oui mais vous voilà !
- Ah ça oui on peut le dire mon chou, me voilà ! Ah !
- Par contre ça me dérange et me navre que vous veniez dans mes rêves comme ça à tout bout de champ. Donc ça tombe bien que vous soyez là, que je vous en informe.
- Oui, je comprend, mais en même temps j'y peux rien moi. Je veux dire je fais pas exprès d'arriver comme ça dans vos rêves. Vu qu'on est fâchés je me permettrais pas.
- J'entend bien. Cela dit, c'est fait, c'est fait.
- D'accord. Soit. Absolument. Mais oui. Voilà. Bien. J'en suis fort aise. Ravie de l'apprendre. J'agrée. Mais… tout de même, il se pourrait que je n'y sois vraiment pour rien ! C'est possible de l'accepter ? Je veux dire… vous pouvez faire cet effort ? Comprendre que je n'apparais pas dans vos rêves par la seule force de ma volonté ?
- Oui mais c'est troublant, parce que d'un côté je rêve de vous, et de l'autre vous voilà ! C'est un peu bizarre.
- Oui on est bien d'accord mais… (plus bas) et là je regrette presque de m'être assise hein… il serait peut-être plus intéressant de se dire que c'est une coïncidence. Vous connaissez ce concept ?
- Oui, je vois très bien.
- Donc c'est la faute à personne.
- C'est frustrant.
- Oui mais vous savez, si on essaie de trouver un fautif, c'est vers vous qu'on doit se tourner. Parce que moi, vous voyez, je ne rêve pas de moi !
- Ah oui, ça, effectivement, c'est une preuve.
- Bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps.
- Et si vous revenez dans mes rêves ? Je fais quoi ?
- Vous n'aurez qu'à me souhaiter mon anniversaire par exemple ! Ah !
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10.12.2008
Gibberish
Les chroniques de Perle
Tissia & le Révérend Père Supérieur du Culte, Grande Cathédrale Apostolique de Perle
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- Bon c'est quoi le problème ?
- Alors déjà je suis la comtesse Tissia du Tapis Rouge, donc ne me bousculez pas et d'une… et de deux je suis croyante donc j'aimerais monsieur l'abbé…
- Mon Père.
- Oui, absolument… j'aimerais mon Père, savoir quels sont les rites pratiqués à Perle.
- Hé bien les rites pratiqués ? On a un rite spécial ici…
- Ah oui, c'est breveté par Rome ?
- Ah non !
- Mais comment ça ? Moi je vais en pèlerinage dans les lieux chrétiens tous les ans, j'achète des ex-votos, des statues votives, je donne pour les bonnes œuvres mais c'est estampillé ROME !
- Oui mais ici on fait ce qu'on veut, on a le rite qu'on a et c'est comme ça, si ça vous plaît pas vous n'allez qu'à aller dans le pays à côté, je suis sûr qu'il y aura ce qui vous plaira, la messe en latin et tout ce qui faut. Ici on est à Perle ma jeune dame. Ici on communie sous le régime catholique de Perle. Voilà !
- Hé ho, ça va… je me renseigne… Je suis nouvellement arrivée.
- Non mais vous étiez déjà à deux doigts de faire du prosélytisme.
- Ah non pas du tout, j'expliquais… j'expliquais ce que j'attendais de la charité et du culte, d'accord ? Bon. Mais c'est quoi ce rite ? Y a l'eucharistie au moins ?
- Alors là certainement pas. Je vais vous expliquer. On a pris beaucoup de rites. Beaucoup beaucoup. Et on les a mélangés. On a fait une sorte de symposium entre nous… vous connaissez ce mot latin ? Symposium ?
- Vous me parlez à moi là ?
- Non, au Pape.
- Pardon ?
- C'est une expression.
- Ah, je préfère.
- On a donc fait une grande réunion.
- Un concile quoi !
- Oui voilà, je ne me souvenais plus du terme exact.
- Bah ça promet… Et vous priez qui à la fin ???
- Jésus, Santa Claus, la Vierge Marie, Bouddha, Éleusis…
- Éleusis ? Mais Éleusis c'est pas un dieu c'est une ville !!!
- Vous êtes sûre ?
- Si je vous le dis ! C'est à quelques lieues d'Athènes, quand même je connais ma géographie, je ne suis pas diplomate pour rien. Vous vouliez parler de Déméter peut-être ?
- Des quoi ?
- Bon j'abandonne… vous faîtes les confessions ?
- Oui, tirez la langue pour voir !
- … […] Non mais non. En fait non. On va arrêter là je pense pour aujourd'hui. Question renseignements j'ai ce qu'il me faut merci bien. Vraiment.
- Vous êtes sûre ?
- Oui. Mais non. Non. Enfin oui. Oui. Oui. Non. Oui !
- Très bien, au revoir mademoiselle.
- Au revoir mon Père.
Tissia (s'éloignant) : Insolent !
Le Père : Idiote !
21:50 Publié dans Les chroniques de Perle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : june
09.12.2008
Day for night
Les chroniques de Perle
Luna et Vittorio, assis sur un petit muret, près d'un champ et de la Voda.
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- Nous sommes les monarques d'un monde qui n'existe pas.
- Et pourquoi vous me dîtes ça Vittorio ? Vous trouvez ça joli ou vous y croyez, vous ?
- Je dis ça parce que c'est vrai. Chacun vit dans son illusion après tout. Nous n'aurions pas besoin d'établir des cosmogonies si l'univers avait le même aspect pour chaque créature… Simplement, regardez, imaginez que vous êtes une fourmi, cet arbre là-bas, pour vous c'est une montagne. Pour moi c'est un simple saule et je peux y grimper.
- Vous ne parlez pas de créatures de la même espèce et de la même intelligence.
- Non… venez montons à cet arbre.
Ils y grimpent.
- Bien et là que voyez-vous ?
- Je vois… je vois qu'on est sur un arbre et que c'est dangereux.
- Oui, mais ça c'est la peur qui vous le dit. Que vous disent vos yeux ?
- Mes yeux me disent qu'on va se prendre un coup de soleil mais qu'il y a de gros nuages là-bas et qu'il va sans doute pleuvoir.
- Les coups de soleil, la pluie… Encore la peur. Vous ne voulez pas regarder simplement devant vous sans analyser ?
- Sans analyser ?
- Oui.
- Pourquoi faire ?
- Pour voir simplement. Bon… fermez les yeux.
- Voilà.
- Ouvrez les. Que voyez vous ?
- Une vallée et là-bas de la fumée, je me dis que ça doit être…
- Non. On s'en fiche. Vous voyez une vallée et de la fumée.
- C'est pas très passionnant en fait ce qu'on voit de cet arbre…
- Bon, là c'est un avis esthétique. Et c'est une analyse par rapport à ce que vous aimez ou pas.
- Bah j'ai bien le droit de dire que la vue est pas terrible.
- Vous venez de me prouver une chose : 1/ vous vivez, 2/votre regard est analytique.
- Je vis… je vis… encore heureux que je vis ! Elle est bonne celle-là, Vittorio vous me prenez pour une idiote ? Vous pensez que je suis un fantôme ?
- Non Luna, c'est pas ça, c'est simplement que vous êtes tellement dedans, tellement dans votre analyse perpétuelle d'un objet de comparaison entre le bien, le mal, ce qu'on doit faire ou pas, de ce qui va arriver ou de ce qui s'est produit que vous vous détachez totalement d'une simple chose et qui est pourtant plus importante…
- Et laquelle Monsieur Vittorio, hein ? Laquelle ? C'est quoi que je dois savoir ici et maintenant, moi qui ait besoin de tout peser avant d'avoir un avis ? Laquelle je vous prie ? Ne me prenez pas pour une idiote hein ? Allez j'attends.
- Combien de fois êtes-vous montée ici avec moi ?
- Une seule.
- Combien de fois êtes vous montée ici seule ?
- Une seule aussi.
- Vous venez donc d'expérimenter deux nouvelles choses, Luna. Moi je vais vous dire… Quand vous passerez devant cet arbre et que je serai parti à l'autre bout de l'Europe vous penserez à cette journée, où il fait bon, où nous étions sur cet arbre à regarder l'horizon. Vous ne vous direz pas que la vue était insipide. Non, vous vous direz qu'on a fait un truc idiot tous les deux et qu'on a partagé un moment, un tout petit moment. Et si jamais il m'arrivait malheur là-bas en Europe occidentale, vous vous direz que c'était un joli moment et que ce moment n'est plus et vous aurez peut-être envie de le revivre, même s'il vous paraît stupide maintenant, vous aurez peut-être envie d'avoir la simplicité d'apprécier le soleil sur votre peau, le parfum des granges et de la paille, la brise sur votre cou, peut-être qu'il pleuvra quand vous passerez et que même si vous le voulez vous ne pourriez revivre ne serait-ce qu'un quart de ces sensations là… Si cet arbre n'est plus là demain alors vous êtes en train de faire quelque chose d'impossible à reproduire dans 24 heures ! Vous ne réalisez pas la chance que vous avez !
- C'est pour me dire que vous partez que vous m'avez fait monter sur cet arbre idiot ?
- Non, c'est pour vous dire de profiter des choses quand elles sont là. Ce champ là-bas, qui vous dit que les ottomans ou les prussiens ne vont pas le ravager, et là-bas la petite fumée peut-être que c'est un incendie qui va s'attaquer à Perle, et peut-être aussi que quelqu'un va couper cet arbre et que vous ne pourrez plus jamais y monter. Appréciez la possibilité de faire des choses. Pour vous. Et avec les autres. Arrêtez de pinailler constamment pour savoir si votre bain est à la bonne température, qu'il va vous donner la grippe ou des brûlures… Il y a toujours un moment où les choses sont finies et si on se met à les regretter c'est qu'on n'a pas apprécié l'instant où on les a connues. Vous l'aimez cet arbre oui ou non ?
- En fait… je ne sais pas, c'est un arbre, un foutu arbre, et je me suis écorchée en y montant, tout ça pour écouter vos exemples un peu simplistes sur le soleil, le vent et les petits oiseaux, mince à la fin, vous me prenez pour une gourde ! Et là en plus j'ai reçu une goutte… On descend, j'ai pas envie de me faire tremper à cause de vos théories, la ! Et ça n'explique pas l'histoire des monarques d'ailleurs je vous le signale…
- Si, ça l'explique, ça explique que si vous savez profiter de la vie qui passe alors vous êtes en position de dominant hiérarchiquement parlant. Les choses viennent à vous et vous les acceptez. Sinon, vous êtes en conflit avec les arbres, les abeilles, le marchand de bottes, le fermier du coin… que sais-je ? Avec la bonne ville de Perle, tout est conflictuel… Et puis un jour vous êtes en conflit avec vous-même, il arrive jusqu'à vous, l'ennemi est aux portes ! Ah ! Oui c'est ça, un jour vous ne savez même pas si c'est bien que le vent soit doux parce que tout est devenu un détail dans votre caboche, tout est devenu une source de déplaisir. Alors la vie devient dure avec vous et pourtant elle est souriante à d'autres. Vous êtes le monarque d'une vie qui n'existe pas pour les autres quand vous savez ce qui est bon d'aimer, quand vous appréciez l'inutilité de la pluie ou du froid, quand rien ne vous agresse, vous regardez les éléments comme vos sujets, le temps qui passe comme un ami…
- Oui, c'est ça ! Bah restez dans ce monde là vous et moi je vais m'abriter pas plus tard que tout de suite alors !
Ils descendirent de l'arbre et regagnèrent le centre de la vieille ville, l'orage grondait, la pluie battait, le vent s'était levé.
Un éclair s'abattit sur le saule, ses branches éclatèrent et il prit feu.
Le lendemain il ne restait plus rien de ce stupide végétal.
23:41 Publié dans Les chroniques de Perle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mouth of madness
08.12.2008
No mental effort
Les chroniques de Perle
Tissia & Marguerite, dans l'appartement cossu de Tissia, quartier dit-historique de la vieille ville.
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- Tu veux mon avis Marguerite ? Ils ont bien fait.
- De quoi ?
- De créer cette cellule au gouvernement.
- Tu parles de la COO, Tissia ?
- Oui.
- La Cellule d'Opposition Officielle.
- Exactement.
- Tu trouves ça bien que le Gouvernement de Perle crée sa propre opposition toi ?
- Oui c'est bien, ils savent ce qu'ils font comme ça. Le Gouverneur a déjà fait interdire toute promulgation d'opinion politique non officielle par voie d'affiches. Pour répondre à cette carence causée il a bien fallut créer une opposition valable. Il a donc demandé au gouvernement de créer le COO.
- Bah oui mais si c'est le gouvernement c'est pas une vraie opposition.
- Pourquoi ? C'est dans le titre : c'est officiel en plus. Y a pas plus officiel que cette opposition.
- Tu crois qu'ils vont protester vivement ? Faire des manifestations publiques ?
- Non, ils vont faire des cocktails où les gens auront le droit de se plaindre. Parce que se plaindre est un droit.
- Des cocktails ? Chouette !
- Ils sont à la limite du permissif parfois je trouve quand même… Ah !
- Grave.
15:08 Publié dans Les chroniques de Perle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : never understand
Cosmic revelation
Les chroniques de Perle
Tissia & Vittorio, sur la grande place du marché, dimanche matin.
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- Vous n'avez pas abusé d'alcool hier par hasard.
- Si, pourquoi ?
- Vous avez l'air heureux comme si vous n'existiez pas.
- Boire de l'alcool le soir me permet de manger de la poule au riz le lendemain matin.
- Oh, j'aimerai bien vivre avec vous, vous me feriez des petits plats.
- Du plat et des petits plats.
- Oui.
- Oui… mais non Tassia, vous pensez que l'amour est un pansement.
- Et alors ? C'est du réconfort non ? C'est bien d'aimer.
- À qui le dîtes vous !
- À vous. […] Pourquoi toujours tout voir en négatif ?
- Ah oui tiens ça c'est vrai. Pourquoi ? Pourquoi se mentir aussi ?
- Pour oublier la vérité je pense.
- Justement la vérité, je ne la connais que trop bien. Vous avez le cœur sale…
- …et puis c'est Tissia pas Tassia d'abord.
- Ah oui mince.
- Ah !
12:14 Publié dans Les chroniques de Perle | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : monopolist
06.12.2008
My confession to war
Les chroniques de Perle
Marguerite & Tissia, dans le plus beau salon de thé de Perle
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- Tu connais pas la dernière, Marguerite ?
- Non, quoi ?
- Sophia est devenue acrobate dans un cirque.
- Je croyais qu'elle voulait devenir hospodar.
- Quelle traînée celle là… *glousse*
- Et Vittorio dans tout ça ?
- Il part avec elle… Ils vont traverser toute l'Europe. Tu te rends compte, partir d'ici, quelle stupide stupidité !
- Si ça les amuse… En même temps c'est bien parce que moi parfois je sature là…
- Quoi ?
- Rien…
- Et ?
- Non.
- Mais ?
- Piotr pense que Vittorio s'est amouraché de moi et du coup…
- Ouais je vois le genre. En gros tu aimerais bien que Piotr soit un peu disposé à te considérer comme célibataire.
- Non. Je ne veux pas qu'on me considère dans un couple qui n'existe pas.
- Ma pauvre amie… et tu crois que bien des gens sont dans des couples qui existent réellement ?
- Je ne comprend pas.
- Les hommes on les materne pas vrai ? Ah ! On les aime parce qu'ils sont virils et après on leur coupe les gonades et on en fait ce qu'on veut. On devient leur mamans et ils ne nous font plus rêver, c'est paradoxal. C'est pour ça que moi dès que ça devient paradoxal je disparais. Voilà. J'en ai marre du paradoxal.
En amour il ne faut surtout pas être sentimentale !
- T'es sûre qu'il part ?
- Vittorio ? Oui. Il est déjà parti si tu veux savoir, il n'est jamais là. Je ne l'ai jamais vue cette Sophia et parfois je me demande si c'est pas pour faire son intéressant et qu'il l'a pas inventée.
- C'est compliqué…
- Non c'est pas compliqué, tu fais comme moi tu verras : la théorie du mouchoir. Tu prends un amant, dès que tu sens que tu vas pleurer tu te mouches dedans et tu le jettes… Quelle idiotie de faire nettoyer et repasser un mouchoir alors que ça ne vaut rien.
- Je crois que je ne suis pas une garce comme toi Tissia tu sais…
- T'en sais rien, t'as jamais essayé. Et puis c'est une théorie qu'on peut appliquer sans même en avoir conscience tu sais, t'as qu'à te dire que c'est comme ça. Voilà tout. En revanche j'ai un nom à double particule si tu veux savoir alors tu me parles avec un minimum de respect hein ?
- Ah oui le respect.
- Oui… ça c'est important. *toussote*
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[Pour information : j'ai refait mon Myspace, le lien a été ajouté dans la colonne de gauche, je pense que c'est une bonne interprétation visuelle de Perle et de "la Nuit" en particulier. Tissia étant la jeune femme blonde qui ôte sa fourrure. Petit bonus donc.]
20:12 Publié dans Les chroniques de Perle | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nothing but the wind








