04.08.2009

La Nuit, I.X

CHAPITRE DIX
Meurs mon amour, meurs

Vladimir émergea difficilement de la torpeur dans laquelle il se trouvait plongé. Les objets lui parurent flous et un puissant mal de crâne le saisit. La chambre était dans une relative obscurité, des rais lumineux passaient à travers les volets, le jour se levait, une porte s'ouvrit subrepticement avant de se refermer délicatement et des pas se firent entendre. Puis ce fut le silence, il se redressa sur son lit et se demanda où il se trouvait puis les événements de la soirée lui revinrent en mémoire, il inspecta ses vêtements, sa veste était posée près de sa couche, sur une chaise, pendant tristement. On avait défait quelques boutons de son pantalon pour le laisser respirer plus librement. Il essaya de se lever mais la migraine le reprit et sa vue se troubla, une luciole semblait danser devant ses yeux, lumière fragile et éphémère. Perturbante.
On toqua à la porte et Vladimir se glissa à nouveau sous les draps.
— Êtes-vous visible ? entendit-il. C'était Laetitia.
— Je crois que oui,  attendez, oui je suis bien là.
— Puis-je entrer ou cela vous dérange-t'il ?

Il n'eut pas le temps de répondre que la Comtesse était à son chevet.
— Vous allez mieux ?
— Que m'est-il arrivé ?
— Vous étiez là, dans le salon, et puis vous êtes tombé. De manière très digne je tiens à le signaler. Une jolie chute, comme un seul homme, patatras ! Les invités ont été saisis, on vous a transporté jusqu'ici, c'est une chambre d'ami… Attendez, vous allez voir, le jour se lève, je vais ouvrir les rideaux, la vue est très jolie de cette fenêtre.

Dans un effort qui lui parut insensé Vladimir lui attrapa le poignet.
— Non ! J'ai mal au crâne, pas de lumière s'il vous plaît.

La Comtesse regarda la main de Vladimir attentivement puis fit mine de s'asseoir sur la chaise près du lit. Il desserra son étreinte mais Laetitia bondit.
— Allez ! Un peu de lumière Monsieur de Valeska, il fait à peine jour, vous verrez ça ne peut que vous faire du bien.

Une fois de plus Vladimir la rattrapa par le poignet.
— Vous allez finir par me faire mal à me tenir de la sorte, il y a des façons beaucoup plus agréables de retenir quelqu'un.
— Je suis navré mais j'ai les yeux très sensibles et l'alcool n'arrange rien…
— Puis-je m'asseoir ? Je vous assure que je ne vais pas courir vers la fenêtre. J'ai bien compris que vous ne teniez pas à voir l'aube poindre comme on dit chez les poètes.
— Faîtes, vous êtes chez vous, c'est moi qui suis confus. J'ai dû paraître ridicule.
— Ridicule ? Non, vous aviez l'air fin saoul. Enfin je ne sais pas vous étiez tout pâle. Vous êtes arrivé devant le miroir et puis…
— Et puis ?
— Et puis je vous l'ai dit, vous êtes tombé. Tout le monde est accouru pour vous porter secours et je vous ai fait amener ici. C'est la plus belle chambre d'ami. Tenez, regardez, juste au-dessus de vous c'est le portrait de ma grand-mère.

Vladimir fit semblant de s'intéresser au tableau accroché au-dessus de sa tête.
— Je vous remercie.
— De grâce. C'est naturel, on ne laisse pas les gens par terre ici. Ah !
— Vous vous moquez.
— Un peu, je l'avoue, je ne pensais pas qu'un Moldave s'effondrerait de la sorte dans mon salon. C'est une expérience inédite. Et je ne regrette pas le nombre de spectateurs. Non, je vous taquine, tout le monde s'est inquiété à commencer par votre ami Piotr.
— Je connais peu Piotr.
— Vous devriez le fréquenter un peu plus alors, c'est un homme charmant vous savez. Avez-vous soif ?

La Comtesse se leva, prit un verre d'eau sur une tablette et le lui tendit. Vladimir but une rasade avec difficulté mais cela parut lui faire beaucoup de bien.
— Désirez-vous que je m'en aille ? Voulez-vous dormir encore un peu ?
— Je vais rentrer à l'hôtel.
— Oh ! Et affronter la lumière du jour ? Grands Dieux, quelle témérité !

Vladimir se sentit ridicule. La Comtesse s'approcha de lui, il pu apercevoir ses magnifiques yeux dorés à la faveur d'un rai de lumière. L'obscurité environnante donnait l'impression que ses lèvres étaient carmin. Elle s'assit sur le lit et avoua :
— Je n'aimerais pas qu'il vous arrive quelque chose, voulez-vous consulter un médecin ? Ce serait plutôt sage que…
— Non, je vous remercie, j'ai juste eu un vertige. Je ne suis pas habitué à faire bonne chère. Je pense dire que j'ai une santé fragile. Et ce sont les émotions aussi…
— Mais vous vous amusiez ! Vous étiez ravi d'être venu. Écoutez-moi Monsieur de Valeska, vous êtes toujours le bienvenu ici et cet incident est clos.
— Je vous remercie Comtesse.
— Laetitia. Je vous en prie, appelez-moi par mon prénom. Nous sommes amis ? Vous êtes déjà dans un de mes lits… fit-elle en pouffant. Dans de beaux draps comme on dit en France.

Vladimir se sentit gêné de ces plaisanteries mais n'osa rien dire. Il appréciait les moments passés avec Laetitia même s'il était souvent surpris par le ton très libre de la Comtesse. Elle était jolie, ses gestes brusques avait le charme de ceux des oiseaux, une sorte d'impatience juvénile qui confinait à la joie, son élégance semblait naturelle, son maintien restait digne et ses yeux dorés le scrutaient avec une douce malice.
— Pouvez-vous faire en sorte qu'on me raccompagne à l'hôtel Vltava ?
— Oui, je peux faire ça, mais ne voulez-vous pas rester un peu pour me tenir compagnie ?
— Non, je vous remercie, je vais prendre congé. Je me suis assez donné en spectacle.
— C'est d'accord… Juste un peu, quelques heures, allez soyez chic ! Je m'ennuie parfois… Vous n'avez pas encore vu tous les trésors de la Villa.
— Non, je vous assure qu'il est préférable que je rentre…
— Bien. vous devez avoir un emploi du temps chargé, je veux bien l'admettre et si j'insiste il me semble que j'aurais franchi les limites de la courtoisie. (Elle fit une moue puis s'écria en sursautant) Allez ! Restez avec moi !
Vladimir n'osa pas répondre et sentit pour la première fois naître de l'exaspération à l'endroit de la Comtesse. Laetitia le sentit et se leva abruptement avant d'ajouter.
— Excusez-moi, je dois prendre mes désirs pour des réalités, je ne sais pas comment exprimer la joie de vous connaître vous et vos singularités. Je vais demander à Quinze de vous raccompagner. Le fiacre sera prêt dans quinze minutes. Je vous souhaite une excellente fin de journée.

Puis elle s'inclina tout en lui faisant le plus ravissant des sourires et s'en fut, laissant Vladimir dans le même état d'hébétement qu'à son réveil. Le silence s'installa dans la chambre.
Quelques instants plus tard Vladimir se trouvait sur le perron de la grande bâtisse tandis que le véhicule s'arrêtait à sa hauteur. Il scruta la façade pour voir s'il devait saluer la Comtesse et l'aperçut dans un dernier regard, elle se tenait à une fenêtre, une paire de lunettes à la main. Elle lui fit un petit signe puis referma les rideaux.
L'équipage s'ébranla et il mit une quinzaine de minutes à rejoindre l'hôtel. Vladimir voyagea les vitres baissées, calfeutré dans son manteau, le col relevé, lunettes sur le nez, son chapeau lui tombant sur les yeux. Il sortit précipitamment, remercia le conducteur et rejoignit la chambre 36 sans s'arrêter devant l'hôtelier qui sermonnait une femme de ménage. La chambre avait été rangée depuis son départ, il tira les rideaux et s'allongea sur le lit avant de sombrer dans un profond sommeil.
Il dormit fort mal, préoccupé qu'il était par ce qui venait de se passer, sa chute, sa faiblesse, son humeur maussade, le fait de devoir repousser l'amitié de Laetitia et l'impression de n'avoir pu créer de véritables liens avec la société où il était. Il se sentait vide et son sommeil l'accablait plutôt qu'il ne lui faisait du bien. Il n'avait pas prévu d'activités pour les jours suivants, il ne savait pas s'il resterait à Perle, il pensa à sa santé fragile et lui revint l'idée que son corps était une cage vide habitée par l'absence d'une chose sans substance qui aurait dû s'y trouver. Son âme. Mais s'il n'avait pas d'âme alors d'où lui venaient ses humeurs et ses émotions ? Sur quoi se fixaient-elles ? Il oscillait entre veille et sommeil et à chaque fois qu'il ouvrait les yeux la lumière baissait encore d'intensité, la pénombre s'accroissant au fil des heures. La torpeur pesait sur lui comme un couvercle et il se trouva prostré sur son lit de longues heures durant parcouru de rêves inachevés, saisi des bribes de sa conscience émoussée, à moitié délirant. Un incendie couvait en lui.
Il rêva d'une jeune femme qui jouait de l'orgue, il s'approchait d'elle et la prenait dans ses bras puis se retrouvait devant une fenêtre où l'orage se déchaînait, les cheveux de la jeune femme frôlaient son visage, puis il était penché sur elle, sur un lit, l'embrassant avec fougue, les rideaux de sa chambre poussés par le vent s'agitaient en tous sens, il entendait des chœurs d'enfants au dehors chantant et pleurant et se vit au milieu d'un champ de bataille, entouré de milliers d'hommes hurlant de peur. Puis une voix s'éleva, si belle et si pure qu'il sentit sa chair se retrousser. Il avait déjà entendu cette voix, limpide et claire comme une eau pure ; elle dit :

Je sens votre crainte.
Je vais vous enlever d'ici, vous transporter ailleurs.
Vos os ne guériront jamais.
Je ne me soucierai pas que vous vous mettiez à genoux devant moi.

De fortes explosions faisaient ployer les arbres alentour et Vladimir tenait toujours cette femme inconnue dans ses bras alors que s'approchait sa Mort. Ses cheveux se dressèrent sur sa tête quand la voix répéta à nouveau ces phrases et lui demanda de lâcher la femme qu'il étreignait. L'inconnue s'agrippait à ses bras sans se préoccuper du chaos environnant, des gens mourraient, fauchés comme des feuilles portées par le vent. Il sentit ses oreilles bourdonner et sa nuque se raidir, ses membres étaient pris de fourmillements, comme piqués par de minuscules aiguilles. Les enfants continuaient de pleurer et leurs cris l'assourdissaient. Seul le regard de la femme dans ses bras était doux, exprimant une émouvante tendresse, celle des aurores du printemps, de la brise légère, de la route paisible des nuages dans le ciel, ses bras le retenaient dans un autre monde et les sphères se chevauchaient. Il vivait dans plusieurs réalités au même moment. Mais la voix reprit, d'un ton plus grave.

Je sens votre crainte.


Il tressaillit au point de se trouver projeté au sol, il chut avec lourdeur et sentit ses os se fracasser comme s'il s'était défenestré et venait d'atterrir sur le pavé. La femme dans ses bras lui échappa et resta à le regarder, hors de toute action.


Je vais vous enlever d'ici, vous transporter ailleurs.


Des mains vigoureuses le saisirent par le col, attrapant son vêtement, les soldats de Napoléon l'attirèrent vers le sol, s'agrippèrent à lui. On le souleva avec force dans les airs. D'âcres fumées lui brûlèrent la gorge.


Vos os ne guériront jamais.


Une plainte déchirante se manifesta en lui, on hurla dans son ventre avec violence et il se sentit comme un miroir qu'on jette contre un mur. Il se brisa en de multiples morceaux, projetés comme poussière dans le vent.


Je ne me soucierai pas que vous vous mettiez à genoux devant moi.


Il demanda grâce, la femme qu'il avait étreinte disparut, elle s'évanouit avec toute la tendresse de son regard et il resta seul, porté par des serres invisibles qui le jetèrent loin de ce spectacle abominable. Hors du champ des corps hurlants. Il eut l'impression de quitter la Terre et les derniers mots qu'il entendit furent : Meurs mon amour, meurs. Je t'aime. La vie ne peut t'aimer comme je t'aime, car la vie te quittera alors que je serai ta compagne pour l'éternité.

Il ouvrit les yeux et sanglota un long moment.
Puis une voix se fit entendre. Faiblement. À côté de lui. Un soupçon d'ironie la teintait sans être acide.
— Je ne sais pas d'où vient cette agitation Sir mais votre état de santé mérite qu'on s'y intéresse. Seriez-vous pris de calenture ?
C'était le fantôme de William Blake. Vladimir se tourna lentement sur le côté et vit le visage du poète de profil, allongé près de lui sur le lit, faisant mine de regarder le plafond.
— Vous permettrez ma position et l'occupation de ce lit confortable, ce fut ici chez moi comme vous le savez. Je le dis sans souci de m'impatroniser cela dit.
— …
— Bien, votre cas est très spécial, vous courrez rejoindre cette charmante personne venue vous voir il y a deux jours et vous voilà au seuil de la mort (Vladimir frémit) en rentrant chez vous. Mais que se passe-t'il dans les soirées de Perle ? Accomplissez-vous de noirs sabbats pour rencontrer le diable ? Faîtes-vous commerce avec des nécromants ? On me disait sujet à la tourmente mais cela vous arrive aussi. Je le vois bien, vous allez entrer en état cataleptique si vous continuez, voilà un avis que vous ne m'avez pas demandé mais que je vous donne tout de même.
— Il s'agit de surmenage. Je n'arrive pas à me reposer, il se passe sans arrêt des choses qui demandent mon attention. Je ne suis pas habitué à l'agitation des grandes villes et le voyage jusqu'ici aura sans doute eu raison de ma santé.
— Si c'est le voyage alors… (Le fantôme eut un petit râle, un sifflement dans la gorge puis reprit) Pourquoi pleuriez-vous ?
— Le déracinement sans doute. Une langueur qui ne me quitte jamais.
— Oh ! Mais vous êtes quand même assez grand maintenant pour courir l'Europe et, pourquoi pas, revenir aux bras d'une jolie épousée au terme de votre circumnavigation. Les Françaises ont bon caractère et sont réputées pour leur beauté. Vous n'avez eu de cesse de me vanter les avantages du cosmopolitisme…
— L'amour ne m'intéresse pas.
— Quand bien même, vous pourriez avoir de jolies maîtresses si vous étiez badin.
— Cette discussion m'étonne de votre part, je vous pensais plus porté sur l'impalpable et la continence.

Le fantôme de William Blake sembla s'enfoncer sur le lit avant de reprendre :
— Vous êtes pâle.
— Venant de vous je ne sais pas comment je dois le prendre, répondit Vladimir un semblant de sourire au lèvres.
— Je pense que vous devriez vous reposer et vous mettre un peu à l'écart de toute cette agitation. Nous pourrions parler un peu le soir, vous me raconterez ce qui se passe dans le monde s'il y a des gazettes. Je pourrais rester informé de l'actualité des arts. Qu'en pensez-vous ? Je pourrais vous donner quelques conseils pour vous tenir éloigné de toute dissipation.
— C'est une idée mais je serais bien obligé de descendre… À quoi cela servirait que je n'aille plus courir la ville ? Pourquoi serais-je venu ici si je n'en tire pas profit ?
— Oui… Bien sûr et quel est le profit que vous désiriez trouver ?
— Voir l'Europe, les gens, la culture de différents pays j'imagine.
— En spectateur ?
— Oui, absolument. Simplement spectateur. Mais il est difficile de le rester.
— Vous n'êtes pas obligé de vous rendre malade, apprenez la contemplation mon ami. Faîtes les choses simplement. Vous savez, c'est en restant tranquillement dans mon jardin que j'ai vu les anges dans les arbres. Ils étaient là, souriants. Et je ne les voyais pas.
— C'est une jolie image.
— Ce n'est pas une image ! Je vous dit qu'il y avait des anges dans mon jardin ! Ils rayonnaient de mille feux et parfois des flammes sortaient de leur gueule ou de leurs yeux. Ils mettaient en marche la nature chaque matin, comme les ouvriers qu'ils sont, poussaient les nuages, faisaient grandir les plantes, les fleurs et les arbres, soufflaient le vent, faisaient venir la nuit en aspirant la lumière du jour par la bouche…
— Quand j'entend tout ça je me dis que ce que je vis n'est pas bien grave. Moi je n'ai pas d'ange dans mon jardin, je n'ai même pas de jardin.
— Et que vivez-vous ? Qu'avez vous vécu de si terrible pour revenir dans cet état ? Vous êtes vous enivré ? La belle affaire !
— Je ne sais pas, c'est étrange voyez-vous, j'étais à table avec de nombreux convives quand j'ai été pris de vertiges. Je me suis levé, et dans le salon, j'ai tourné la tête vers le miroir et là j'ai vu une des Sœurs du Rêve…
— Pardon ?
— Le visage de Sophia, la Sœur du Rêve.
— Schwestern des Traumes, murmura le poète. C'est un conte ! C'est un très joli conte d'ailleurs.
— Mais les personnages de ce livre existent.
— Allons, ne dîtes pas de bêtises, parler avec un spectre ne vous donne pas le droit de dire n'importe quoi, s'exclama le fantôme de William Blake en riant. Je connais ce conte, c'est une histoire qui n'a pas de sens.
— Je l'ai lu étant petit mais je ne me souviens pas de son contenu.
— Et vous dîtes que vous avez vu une de ces Sœurs ?
— Les deux. Je ne sais pas combien il y en a mais j'ai vu deux Sœurs du Rêve. Sophia et Délie.
— Et que font-elles ces Sœurs ? C'est la jeune dame qui est venue vous chercher hier ?
— Non, hier c'était la Comtesse du Tapis Rouge de Sixte.
— Pour quelqu'un qui ne connaît pas grand monde vous semblez bien entouré. Ce n'est pas comme si vous dormiez sur un grabat et fréquentiez des indigents.
— Je joue de malchance.
— Ne dîtes pas ça, ce serait messeoir, vivant la solitude de la vie spectrale je peux vous assurer qu'il est bon de vivre une existence de chair et d'os. Au moins je peux discuter avec vous. Mais je ne sais vraiment pas si je vis. Vos tracasseries sont de fécondes illusions, vos soucis un pensum. Vous devriez chercher le bonheur.
— Vous n'avez pas essayé de trouver d'autres spectres ou d'autres personnes à qui parler ?
— Il n'y a que vous à m'avoir remarqué et c'est fort étrange. Alors dîtes moi que font ces Sœurs du Rêve ? Que veut dire ce titre ronflant, quelles sont leurs prérogatives ?
— Je pense qu'elles administrent la cité de Perle et étudient des projets avec le Gouverneur, elles ont l'air de faire partie d'un conseil, une sorte de cénacle. Je n'en sais pas plus mais il y a beaucoup de déférence quand on prononce leur nom, on les prône. Et pourtant, elles m'ont paru extravagantes pour le moins. L'une d'elle a essayé de me faire avouer certaines choses. Me parlant comme si j'étais un autre.
— Avouer des choses ? Vous seriez un espion ? Un diplomate ? Que savez-vous de si important Monsieur de Valeska ? Vous me diriez vos secrets ? Qu'en ferais-je d'ailleurs ? Je ne peux plus rien faire.

Vladimir se troubla mais reprit :
— Je crois qu'elles m'ont pris pour un autre, je ne vois que ça, je n'ai rien à cacher.
Il se redressa et eut la nausée.
— Je ne sais pas ce que j'ai bu mais ça me fait mal partout, c'est affreux.
Il se pencha et laissa échapper un filet de bile noirâtre sur le tapis. Le fantôme de William Blake apparut en-dessous de lui, le liquide le traversa tandis qu'il inspectait la bouche de Vladimir. On pouvait y voir un fin liseré bleuâtre sur ses gencives.
— Mais Grand Dieu, Monsieur de Valeska, que vous a-t'on donné à boire ? Du plomb ? Vous êtes victime du saturnisme ! (puis se dirigeant par la porte et la traversant il hurla dans les couloirs) Un médecin ! Vite ! Un médecin ! On l'a empoisonné !

 

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Commentaires

J'aime bien les mots nouveaux que j'apprends ici.
Et la photo de la grille est très jolie (c'est où, s'il est possible de savoir?).

Ecrit par : sidonie | 09.08.2009

C'est à Perle, chez Tissia (en fait non je ne sais pas, je n'ai pas de référence, mais j'ai aussi trouvé que c'était un joli travail de ferronnerie).

Ecrit par : Cult! | 09.08.2009

Texas : http://www.flickr.com/photos/oriani/3127706301/
:)

Ecrit par : sidonie | 09.08.2009

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